La macrophotographie des insectes

2007-07

Photographier des insectes demande de pouvoir s'approcher du sujet, pour qu'il ne soit pas qu'un point sur l'image. C'est le but d'une technique particulière : la macrophotographie. Deux exemples de macrophotographies :

  Les Lépidoptères : deux papillons
Le Paon du jour Inachis io
Le ventre d'un papillon de nuit Noctua orbona

        La macrophotographie d'insectes est une quête passionnante dans laquelle on distingue différentes phases :

1° La collecte d'images.

          A quatre pattes dans le jardin ! Il faut apprendre dans quelles conditions les insectes apparaissent, à quelles heures, dans quel type de conditions météorologiques, sur quels supports prédominants, éminemment variables avec les saisons. Ont-ils des couleurs de prédilection ?
Toute une sensibilité aux conditions extérieures qui ne peuvent s'apprendre qu'au fil des ans, en pratiquant !

2° La photographie

Le matériel :

L'appareil doit répondre à certains critères de base :

- Reflex numérique à objectifs interchangeables. Pourquoi numérique ? Parce que, pour une seule image publiable, il faut pouvoir en prendre 10, 20, 30... sans les limitations financières de l'argentique et faire une sélection drastique, impitoyable ! La mise au point en macrophoto sur des sujets éminemment fugaces, présente un certain caractère aléatoire qui fait que bien peu de photos peuvent être considérées comme suffisamment nettes.

Ensuite, le sujet doit présenter une dimension suffisante sur l'image pour pouvoir être bien perçu. Il faut au minimum atteindre le rapport 1/1, c'est à dire qu'un insecte de 6 mm de longueur occupera 6 mm sur les photosites du capteur. Pour cela, l'idéal est d'utiliser un objectif de la marque du boîtier (ou totalement compatible), du type "macrophoto", permettant une mise au point depuis l'infini jusqu'au rapport 1/1.

On ne choisira pas une focale trop courte afin de conserver une distance suffisante entre la lentille frontale et le sujet (afin de ne pas effrayer beaucoup d'espèces très craintives qui ne demandent qu'a s'envoler au mauvais moment, bien sûr !).

Si votre objectif est stabilisé, c'est un plus considérable qui éliminera la plupart de vos mouvements parasites et autorisera des vitesses de prise de vues plus lentes si le sujet le permet.

Il existe assurément d'autres systèmes : bonnettes grossissantes, bagues-allonge (un bon compromis, utilisable en plus de l'objectif macro) et soufflets divers. Mais attention à la bonne conservation des automatismes d'exposition et de mise au point, si précieux en macro.

Diaphragme.

Il y a deux écoles, celle qui recherche des documents artistiques (privilégiant un plan absolument net se détachant bien, les yeux par exemple, mais l'insecte peut avoir sa partie arrière totalement floue) et celle qui souhaite obtenir un document entomologique scientifique le plus net possible. J'appartiens évidemment à cette dernière, tous en essayant de produire des documents beaux et agréables à regarder, notamment en choisissant un fond favorable et des attitudes d'insectes originales ou caractéristiques.

Il faut donc jouer sur le diaphragme et pour moi ce sera une fermeture maximale compatibles avec une netteté qui ne soit pas encore dégradée par la diffraction due aux très faibles ouvertures. J'évite donc de fermer à plus de f :16 et si je le fais ce sera toujours pour optimiser un compromis entre flou dû à une profondeur de champ insuffisante (insecte très épais) et le flou de diffraction.

Dans certains cas difficiles, avec des sujets particulièrement fugaces (morosphinx), il faudra pouvoir les photographier d'assez loin et pour cela utiliser un téléobjectif avec des bagues-allonge (pour diminuer la distance de mise au point minimale, souvent très importante sur les téléobjectifs). D'où la nécessité de l'objectif interchangeable.

Vitesse

Les insectes sont parfois très vifs, ou en vol. Un syrphe faisant du sur-place au-dessus d'une fleur bat des ailes environ 300 fois par seconde. Il va s'en dire que pour figer un tel mouvement, il faudra souvent monter vers 1/8000e de seconde…

L'éclairage.

Plus on grossit, plus on obture rapidement et plus on assombrit le sujet. Il est possible d'utiliser un flash classique ou même intégré, à condition de le munir d'un diffuseur plastique opalescent ou blanc, permettant de répartir un peu de lumière sur la zone toute proche de la prise de vue. Mais l'idéal est sans conteste le flash dédié à la fonction macrophotographique : le flash annulaire dont la source se place sur l'objectif. Le flash de la marque sera sans doute le meilleur, mais le plus cher ! Des flashs de marques généralistes (Sigma) donnent également d'excellents résultats.

3° Le traitement graphique

Les images issues des appareils reflex numériques actuels nécessitent souvent quelque interventions avec un logiciel de traitement graphique avant de donner la plénitude de leurs qualités. Nous citons, à titre d'exemple, les interventions courantes réalisées avec Photoshop ou similaire :

- Un réglage éventuel des niveaux.
- Un réglage éventuel d'éclaircissement des zones sombres
- Un réglage éventuel du contraste et de la luminosité
- Une amélioration de la netteté, sans tomber dans l'excès faisant apparaître points et liserés blancs parasites.
- Un équilibrage général des couleurs corrigeant une dominante induite par l'environnement très proche, souvent trop vert ou trop jaune.

- L'élimination de défauts accidentels, invisibles dans le viseur. Un brin d'herbe parasite , masquant une partie du sujet, est l'exemple le plus courant

4° L'identification entomologique

C'est une recherche passionnante, bien facilitée par l'Internet. Nous donnons ci-après quelques grands sites entomologiques de référence, sans exhaustivité : il en existe beaucoup d'autres également remarquables.

http://aramel.free.fr/
http://www.naturepixel.com/
http://www.galerie-insecte.org/
http://www.papillon-poitou-charentes.org/
http://fauneflore06.site.voila.fr/
http://www.syrphidae.de/
http://ypix.org/coleopteres.html

L'outil de dépannage par excellence reste le moteur de recherche Google : en l'interrogeant avec le nom supposé de l'insecte ou de sa famille, on obtiendra quantité de réponses, soit par les "Images", soit par les sites français ou internationaux traitant du sujet. Google accepte heureusement la recherche à partir des noms latins.

5° La publication

Si vous avez constitué une belle collection d'images d'insectes, il serait dommage de ne pas en faire profiter d'autres amateurs. Pour cela de nombreux sites se proposent d'héberger gracieusement votre collection et de constituer votre galerie personnelle.

Mais pour moi, la solution de choix est d'avoir son site personnel, de la composition et la structure desquelles on reste absolument maître, en excluant toute publicité parasite.
Vous pourrez faire vivre votre galerie (comme je viens de le faire en 2007), modifier sa composition à l'occasion de nouvelles ou de meilleures images. Le bonheur, quoi !

Un exemple de matériel spécifique (le mien !)

Boîtier reflex numérique : Canon 20 D et Canon 5D (capteur plein format 24 x 36 mm).
Objectif : Canon 60 mm 2,8 macro, autofocus
Canon 28-135 stabilisé, autofocus,
Canon 75-300 stabilisé, autofocus
Soufflet avec objectifs d'agrandisseur
Bagues-allonge Canon EF 12 et EF 25, type II
Bonnette de haute qualité optique, Canon 4 dioptries
Sensibilité usuellement utilisée : 800 ISO de base, en montant à 1600 ou 3200 si nécessaire.
Flash externe Canon 420 EX ou Sigma annulaire EM-140


Un bref tour d'horizon qui se termine... encore sur une macrophotographie !

  Orthoptère : un représentant qui excite toujours la curiosité ...
De la famille des Phasmatodae : le Phasme (surpris au cours de son petit déjeuner...).

© Jacques Dassié 2007

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